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Synagogue de la rue du Colonel Driant

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Regard sur les leçons des prophètes  :
Par Rabbi Michel Liebermann

Nouvelle rubrique  : à la demande de nos lecteurs/trices nous travaillerons les thèmes des prophètes, afin de mieux les saisir dans leur contexte historique, mais aussi social et comportemental. Ainsi nous saisirons une dimension supplémentaire de leur actualité.

Aujourd'hui : Isaïe LX, 1-22

Cette Haftara fait partie de la série des 7 textes de consolation que nous lisions à partir de Chabbat Na'hamou, le premier de la Consolation. Si le début de ce chapitre constitue ce que l'on peut appeler la vocation du prophète, tout le reste donne une vision radieuse d'un avenir meilleur pour Israël. Pour y parvenir, celui-ci mais aussi l'humanité tout entière, devra reconnaître la grandeur de Dieu. Ce chapitre décrit le but atteint et qui était annoncé par le prophète Isaïe en ces termes : " Car de Sion viendra la Loi et de Jérusalem la parole du Seigneur ". Nous connaissons bien ce verset, chanté par l'officiant lors de la sortie de la Torah de l'arche sainte : Ki mitsiyone tétsté thora, oudvar Hachém miyerouchalayim. Le but dont il est question, c'est qu'un jour viendra où, sur un point du globe terrestre, brillera la lumière divine : Ce sera depuis Jérusalem. Je ne crois pas à la littéralité du verset ; il ne s'agit pas uniquement d'un espace géographique, Jérusalem, cour du monde, mais d'une connexion de chacun d'entre-nous au cour avec le cour du texte : la Torah : donc un état d'esprit porteur de paix et de sérénité. C'est le fruit de notre travail spirituel intérieur, de notre quête de justice sociale et surtout du « travail » que l'on appelle tikoun olam , la restauration du monde On peut résumer cela par «  Tous se rendront compte qu'au-dessus de Sion apparaîtra la gloire divine ».

Au verset 4 : " Tes fils viendront de loin et tes filles seront élevées à tes côtés ".
À la tête de ceux qui reviendront vers l'Eternel, se trouveront les fils et les filles d'Israël. Rien d'étonnant à cela, si l'on songe à leur ignorance de la parole divine, dont ils n'ont qu'une très faible connaissance, ce qui est la cause de leur éloignement. D'où notre devoir permanent d'étudier et d'approfondir les valeurs transmises. Mentionnons le symbolisme de ce verset du Cantique des Cantiques, regrettant que " ma vigne à moi, je ne l'avais pas gardée" nous croyons découvrir dans d'autres philosophies ainsi que dans les sagesses dites « universelles » ce qui est dit dans la Torah. Comme je l'ai rappelé, ces textes de consolation sont lus pendant les semaines d'été, alors que nous tentons d'échapper à nos occupations quotidiennes. Oui, certains sont « en vacances », mais l'Eternel, lui, ne prend pas de vacances. On vient nous rappeler à l'ordre, pour que nous profitions du temps disponible en l'employant à l'étude et à la méditation, un vrai travail de l'esprit accompagnant le corps. De la sorte, on pourrait espérer voir diminuer l'ignorance qui caractérise notre génération. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour que de Sion vienne la Loi .

Au verset 8 : " Qui sont ceux-là qui volent comme un nuage, comme des colombes vers leur gîte?" Curieuse image que celle du nuage et de la colombe. Mais elle comporte une leçon sublime : Le nuage disparaît en général en se dissipant. La métaphore du nuage est associée, cette fois-ci au peuple juif. On a cru également que le peuple d'Israël, après tant de persécutions subies au cours des siècles, Babylone, Perse, Grèce, Rome, puis l'Inquisition, les Cosaques, les Tzars, la Shoah, le communisme soviétique disparaîtrait à jamais. Pourtant la colombe connaît son nid. Elle y revient toujours, quel que soit son éloignement. Il en est de même pour Israël. Il n'a jamais désespéré de revenir sur la terre ancestrale, même s'il se trouvait dispersé aux quatre coins de la terre. De là notre texte liturgique «  kabtsénou ya'had méarba kanefot haarèts », rassemble-nous des quatre coins de la terre.

Au verset 17 : " Comme magistrature j'instituerai la Paix et comme gouvernement la Justice ".
Pour nous, pauvres humains, limités à notre « rationalisation », comment saisir l'Annonce d'un royaume idyllique, où nulle forme ni contrainte n'interviendra pour faire régner l'ordre. Effectivement c'est en nous-mêmes qu'il faut chercher et travailler ; C'est en nous que nous trouverons le guide qui fera que toute violence (en hébreu 'hamass ) sera bannie. Ce guide ne peut être que la Torah, de laquelle tous doivent s'inspirer pour que règne la Paix et la Justice.

Au verset 12 : " Ton peuple ne sera composé que de justes qui possèderont pour toujours le pays. Rejeton de mes plantations, tu seras l'ouvre de mes mains pour être belle ".
On a voulu déduire de là qu'il y a deux moyens de glorifier l'Eternel Le premier consiste à nous conformer à Ses commandements, ce qui correspond aux termes : " Rejeton de mes plantations ", au lieu de la seconde, consistant dans la glorification de l'Eternel obtenue par toutes les souffrances qu'Israël aura endurées. Les rabbis se référant aux derniers mots du texte : " en temps voulu j'agirai vite " disent : Pour ce qui est de l'ère messianique, c'est en principe par nos Mitsvot que nous la préparons et que nous pouvons en hâter l'avènement. Si nous en négligeons l'accomplissement, ce ne sera pas par nos mérites qu'elle se produira, mais parce que l'Eternel l'aura décidé, pour mettre fin à toutes nos souffrances. Oui, nous pouvons être les artisans de notre propre bonheur. Pourtant il peut être réalisé immédiatement, car, lisons-nous dans Psaumes XCV, 7 : " Aujourd'hui, puissiez-vous écouter sa voix ".

 

 

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