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"IGERET LIKHVOD CHABBAT"Lettre de chabbat n°5770-20
Par Rabbi Michel Liebermann Méditons la paracha Yitro : Unité du peuple L´exposition permanente du musée de la Diaspora de Tel-Aviv commence par u
ne réplique du relief de l´Arc de Titus qui montre des prisonniers hébreux emportant des éléments du Temple à l´exil (une grande Ménora à 7 branches). A côté, un écriteau révèle la conception du musée de l´histoire juive : "Ceci est l´histoire d´un peuple qui fut dispersé par le monde et néanmoins demeure comme une unique famille ; une nation qui continuellement, a été condamnée à la destruction et de ses ruines se dressa une autre vie". Ces paroles touchantes témoignent d´un désir national de vivre sans être séparé. L´Exil ne mit pas fin à l´histoire juive et ne divisa pas l´unité juive. Une conscience partagée remplaça le manque de proximité. La même affirmation exaltée de l´unité juive se proclame dans la synagogue chaque fois que nous récitons la prière pour l´arrivée d´un nouveau mois, le chabbat qui précède. Essentiellement nous demandons à D.ieu qu´il nous favorise au niveau national et individuel durant le prochain mois. La 1ère section, la plus longue, contient une liste de pétitions pour notre bien-être personnel, autant physique que spirituel ; la 2ème, une brève prière pour la rédemption nationale. Il s´agit du final emphatique de la seconde section qui se fait écho de la foi inaltérable de l´unité juive affirmée dans le musée de la Diaspora : "Que celui qui fit des miracles pour nos ancêtres, les conduisant de l´esclavage à la liberté, nous rachète, réunissant notre peuple dispersé aux quatre coins de la terre. Parce que tout Israël est une fraternité". Notre séparation et notre dispersion n´ont pas pu user ou fracturer l´identité partagée du peuple juif. Liturgiquement, l’assemblée commence à chanter les 3 dernières paroles "Haverim Kol Yisraël", parce que rester ensemble face à de telles adversités est une question d´orgueil, d´exaltation et de gratitude. Sur le verset : « Il campa, ils campèrent »
En réalité, ces déclarations sur l´unité juive, une séculaire à l´origine, l´autre religieuse,
sont néanmoins, à peu de chose près, un acte pieux. La réalité de l´existence juive est beaucoup moins élevée. Un récent Midrash, au sujet de notre paracha, découvre une vérité beaucoup plus obscure. Comme autant d´autres fois, une difficulté linguistique dans le texte de la Torah implique un commentaire interprétatif de beaucoup plus de portée. Trois mois après la fuite d´Egypte, les Hébreux arrivèrent au Mont Sinaï: "Et ils voyagèrent de Refidim jusqu´au désert du Sinaï, où ils campèrent, (il campa là-bas) face au mont (Exode 19:2)". Perdu dans la traduction, le fait est que bien que le verbe "camper" apparaît 2 fois dans ce verset, une fois au pluriel, la seconde au singulier, le sujet demeure le même. Le Midrash, selon la paraphrase Rashi, observe le rapide changement du pluriel au singulier et écrit : "La forme au singulier suggère que la nation entière campa au Sinaï, comme un seul homme avec un seul coeur. Dans la prière de Minha du samedi de la Amida, nous déclarons d´une façon retentissante : "Tu es Un, Ton Nom est Un et qui est comme ton peuple d´Israël, Un parmi tout le monde?" La triple répétition du mot "un" nous révèle ce que D.ieu et Israël ont en commun. L´unité et la singularité de chacun rehaussent et renforcent celle de l´autre. Un Israël morcelé n´apporte pas la gloire à D.ieu. Pas plus que"les fidèles éparpillés". Le monde est plein de "fidèles éparpillés"; les restes fossiles de ce qui fut une fois une communauté nationale ou une vibrante communauté religieuse. Il n´y a pas de "peuple élu" sans unité. Et pour les rabbins, la clé de l´unité c’est un respect de la diversité. Un remarquable Midrash dessine les Sages réunis pour étudier et discuter la Torah avec un minimum de consensus, quel que soit le sujet. Néanmoins, la Midrash affirme avec confiance que la panoplie d´opinions découle de D.ieu, parce que la Torah établit : "D.ieu prononça toutes ces paroles (Exode 20:1)"; mettant l'emphase sur "toutes". La Révélation abonde dans le sens de la multiplicité. La sagesse de ce Midrash consiste à définir l´appartenance au peuple juif, non pas en termes de credo ou de comportement, mais en termes de relation. Tant qu´une personne est dans l´étude de la Torah, et applique les lois sociales, elle est considérée comme membre élu par D.ieu.
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