|
Derasha de Judith Haziza - 10 juillet 1999 Le commentaire qui va suivre est celui de la paracha que j'ai lue à l'occasion de ma Bat Mitzva. En résumé, elle explique que si un homme fait un voeu ou une abstinence au Seigneur et qu'il ne les respecte pas, il sera puni. Mais si, au contraire, une femme, mariée ou fiancée, ne tient pas sa parole, elle ne sera pas punie. Car cette promesse peut être annulée par son mari dès le moment où il en a eu connaissance. Est-ce que l'on pourrait considérer ceci comme un privilège pour la femme ? N'aurait-elle pas le droit et le devoir d'assumer ses actes en temps qu'adulte ? J'ai lu, dans "La Voix de la Thora", un commentaire de Samson Raphaël Hirsch. Ce Rabbin allemand néoorthodoxe du XIX siècle explique : "C'est la seule fois où la femme mariée se présente avec une apparente infériorité ! Et encore ne s'agit-il ici que d'une mesure qui la protège pour ainsi dire contre elle-même. Car souvent les incidents de la vie conjugale peuvent amener la femme, sous forme de serment et pas toujours de sang- froid, à prendre des décisions qui affecterait profondément la paix de la famille". Il est évident qu'ici, le commentaire est encore plus horrible que la paracha en elle-même. Ce texte illustre bien l'une des seules raisons pour laquelle une femme ne pouvait être ni juge, ni témoin. Pourtant, la Bible nous a bien démontré qu'une femme pouvait être responsable. Prenons Déborah : cette prophétesse et guerrière était un juge. A l'époque où Israël était oppressé par les Moabites, elle est allée se battre pour la liberté de son "pays", et a jugé Siséra, chef de la tribu de Moab, qui fut tué par Yaël sur ses ordres. Mais les Tossafistes ne considère pas Déborah comme un juge. Ils soulignent qu'elle ne faisait qu'enseigner les lois. De plus, elle ne prenait pas de décisions légales, sans compter qu'elle était inspirée de la présence divine ! Nous pouvons constater ici, que les Tossafistes se sont arrangés de manière à ce que le texte biblique concorde avec leur préjugés sexistes. D'ailleurs, une des raisons souvent citée dans le Talmud pour infantiliser la femme est la suivantes : "les femmes ont l'esprit léger." ! Une grande partie des traditions arrange la Loi, et se sert de la Loi orale pour appuyer une position sexiste. Du reste, une autre héroïne, Judith (vous comprenez pourquoi je me suis intéressée à ce personnage) à la foi belle et patriote, parvint à décapiter Holopherne, général de Nabuchodonosor, sauvant ainsi Israël de la menace. La question que je me suis posée est la suivante : Dieu est-il sexiste ? Avant de conclure, je soulignerais le fait que le Judaïsme libéral a comme principe l'égalité des droits et des devoirs pour les hommes et les femmes. C'est grâce à lui que je fais ma Bat-mitzvah aujourd'hui de la même façon que mon frère fera la sienne dans quelque temps. |