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Synagogue de la rue du Colonel Driant

Deracha

Commentaire sur Reeh
par Louis Jeremy Vincent
à l'occasion de sa bar-mitzvah :

Le 25 août 2011

La paracha Reeh aborde plusieurs thèmes:
- La proclamation de la bénédiction (sur le mont Guarizim) et de la malédiction (sur le mont Ebal) par les tribus d'Israël.
- Les lois régissant les sacrifices, stipulant qu'on ne peut faire d'offrandes à d.ieu que sur le temple et que le sang vers é sur l'autel du temple ne peut être consommé.
- L'interdiction des sacrifices humains
- La condamnation de l'idolâtrie et des faux prophètes.
- la cacherout : l'identification des aliments cacher et non cacher.
- La dîme : un dixième toutes les productions doit être consommé à Jérusalem ou bien être vendu pour de l’argent, lequel servira à acheter des nourritures là -bas et à les manger. Certaines années (au bout de 3 ans), cette dîme est donnée aux pauvres.
- L'année de jachère tous les sept ans : c'est le principe de l'année chabbatique : on ne peut rien semer ni cultiver, mais on peut récolter.
- Le premier-né du bétail, offert à D.ieu et consommé chaque année - la mitsvah de charité, qui oblige un juif à aider son prochain nécessiteux par un don ou un prêt. L'année chabbatique (qui intervient tous les sept ans), toutes les créances doivent être abandonnées.
- La paracha s’achève avec les lois organisant les trois fêtes de pèlerinage: - Pessah, le mois des épis, lors duquel D.ieu a fait sortir son peuple d'Égypte: pendant sept jours, on pratique le sacrifice pascal et on mange du pain azyme, pain de misère, "car c'est en toute hâte que tu es sorti d'Égypte"
- Chavouot, sept semaines après Pessah, pour se rappeler que l'on a été esclave en Égypte et pour célébrer le don de la Torah - et Souccot, la fête des tentes, sept jours durant lesquels on fête l'arrivée de la récolte et l'on se rappelle de l'habitat dans le désert. Lors de ces trois fêtes, chacun doit venir devant D.ieu au temple (Voir et être vu ).

Un thème m'interpelle tout particulièrement : la mitsvah de tsédaka et en quoi elle diffère de la charité. La tsédaka est importante, car elle fait partie des 3 actes permettant d'obtenir le pardon pour ses péchés:
1/ La tsédaka
2/ La techouva (le retour au véritable « moi », à la bonté naturelle)
3/ La téfilah, (l'attachement : l'homme cherche à s'attacher à D.ieu. c'est un mouvement du bas, de l'homme vers le haut : il cherche à atteindre D.ieu). Les mots tsédaka et charité sont souvent confondus. La plupart des gens considèrent la tsédaka comme un petit plus, comme de la générosité, quelque chose que l'on fait de temps en temps en plus de nos habitudes de la vie quotidienne. Le mot hébreu pour charité n'est pas tsédaka mais « hessed ». Ces mots ont un sens opposé « hessed », la charité, signifie que celui qui reçoit n'a aucun droit au don et que le donateur n'a aucune obligation de donner. Il fait un don gratuit, mu par la bonté de son cœur. Son acte est une vertu plutôt qu'un devoir. Par contre, la tsédaka signifie «droiture» ou «justice». Cela implique l'idée de devoir. Pour que le don soit considéré comme une mitsvah, il faut savoir donner sans attendre de récompense en retour. Parce que tout dans le monde appartient, au final, à D.ieu, les possessions de l'homme ne sont pas les siennes par droit, mais plutôt, elles lui ont été confiées par D.ieu, et l'une des conditions de cette transaction est qu'il doit aider ceux qui sont dans le besoin.

Dans la paracha Reeh (deutéronome 15:7-8), il est écrit: «tu n'endurciras point ton cœur et tu ne fermeras point ta main devant ton frère indigent. Mais tu lui ouvriras ta main, et tu lui prêteras de quoi pourvoir à ses besoins." Celui qui ignore la pauvreté de son prochain, qui ne l'aide pas, désobéit donc à la Torah, il peut même être considéré coupable des malheurs qui arriveraient à celui à qui il n'a pas donné. le judaïsme croit que les richesses ne seront pas partagées d'une manière uniforme et que " la pauvreté ne cessera pas dans le monde ". (Citation de la paracha Reeh , deut 15:11).
D.ieu a fait de certains des hommes riches et d'autres des êtres indigents afin de nous rappeler que la tsédaka est le fondement du monde. les riches doivent d éployer tous leurs efforts afin d'adoucir les effets du dénuement sur les pauvres. Mais la tsédaka a toutefois des limites ! Nos sages ont enseigné : "celui qui donne de la tsédaka ne doit pas donner plus d'un cinquième", (de peur qu'il ne devienne pauvre à son tour).

A l'époque du temple, comme beaucoup de juifs étaient paysans, ils pouvaient prélever la dîme grâce à leurs récoltes. Mais aujourd'hui, dans une société plus moderne, il est plus dur d'appliquer les règles de la Torah concernant la tsédaka. En effet, actuellement accueillir un étranger dans notre maison pour l'héberger n'est pas conseillé, tandis qu'à l'époque, la confiance régnait et abriter un inconnu n'était pas considéré comme risqué. Heureusement, d'autres moyens d'aider les nécessiteux sont toutefois possibles : des œuvres caritatives sont mises en place afin d'aider ceux qui ont besoin (eau potable, habits, accès aux soins et à l'éducation) pour de meilleures conditions de vie à travers le monde, et les impôts que l'on prélève chaque mois servent en partie à payer ceux qui ne peuvent pas travailler. Mais le don matériel n'est pas le seul don possible. On peut aussi donner de son temps, de son soutien, ou de son expérience.
C’est d'ailleurs ce qui se passe dans cette communauté, et qui fait que j'y suis attaché : ici, où beaucoup de membres de la communauté donnent de leur temps, et je pense particulièrement aux enseignants du talmud (Patrick, Ruth, Nadine, Jean, Francis ...) qui donnent beaucoup de leur temps aux enfants, jeunes et adultes pour l’étude de la Torah et de ses fondements. Parfois, le don immatériel est même plus bénéfique que le don matériel. Cela me fait penser à un dicton: " si tu donnes un poisson à un homme, il mangera pour un jour. si tu lui apprends à pêcher, il se nourrira toute sa vie." Comme je ne gagne pas d'argent, le don immatériel est pour moi le plus accessible. Je donne par exemple de mon expérience pour aider ma grand-mère à mieux maîtriser l'ordinateur, car pour l'instant elle ne s'en sert que pour jouer au solitaire ou lire ses emails.

Je voudrais conclure en parlant de l’évolution de la tsédaka au cours de la vie d'un homme. Les relations qu'une personne entretient avec son entourage évoluent au fur et à mesure qu'elle grandit: à la naissance, l'homme reçoit sans donner, il ne fait que recevoir. Lorsqu'il grandit, il apprend à vivre sans l'aide de personne, et peut donc à ce moment là donner. Alors, le fait de donner est une preuve que l'on est adulte. La bar mitsvah est ce passage entre la vie d'enfant et la vie d'adulte, ce passage entre le moment où l'on reçoit et celui où l'on donne. C'est quand on apprend à donner, que l'on apprend à être adulte.

Louis

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